ESCAPADES GOURMANDES À TANGER
15 FEVRIER 2010
NORD PINUS À TANGER
La maison d’hôtes Nord Pinus, visiblement, s’est adjointe une pointure coté attaché(e) de presse : article dans Le Figaro cet été, beaux tirs groupés dans la presse marocaine … Alléché, excité même puisque l’on nous vante l’endroit comme étant le top tangérois actuel ! Une visite s’imposait.
Réservation obligatoire pour cause de restaurant complet, nous assène t-on : arrivée dans une salle quasiment vide et tristounette malgré une décoration recherchée, il est vrai. Déception. 7 couverts, une table de citoyens allemands … Pas de carte, pas de menu affiché, pas de prix donc - of course ! La bouteille de rosé vaillamment défendue (Gazelle de Mogador) autour de 280 Dh. Levée de table et sortie prompte dans la série “retraite de Russie”.
Relevé in extremis sur le porte-menu non éclairé planté à côté de la porte d’entrée, l’offre déjeuner, composée d’un assortiment de salades marocaines, des sardines charmoula - ben voyons, orange à la cannelle : 200 Dh, ail ail ail … Tanger-paillettes, puisque tu nous tiens, désormais !
Rue Riad Sultan - 0 661 228 140
1er FEVRIER 2010
IL FAUT SAUVER LE SOLDAT MALABATA ET LE MOEVENPIK !
Cette unité devait être la fierté de la pointe Malabata et le signe fort d’un réinvestissement clair dans cette bataille engagée vers une hôtellerie de qualité, dans une hôtellerie tournée vers le maritime ! Et puis “plouf “, encore un essai manqué, le dernier directeur français vient de quitter le navire, remplacé aux dernières nouvelles par un citoyen de Sa Gracieuse Majesté … Le département commercial est aux abonnés absent ! La restauration n’en finit plus de nous désespérer (voir mon dernier article sur le dîner de Nouvel An au Matisse). Et aux dires de Pandores bis … le service en chambre laisserait aussi à désirer … Baleine sous le cailloux !
Alors que se passe t-il dans ce bel établissement avec vue imprenable sur la baie de Tanger, avec ce casino qui, semble t-il, tourne bien … Ici comme ailleurs, doit-on le rappeler, le rabâcher et resservir la même rengaine … Il n’y a pas d’hôtellerie et de restauration sans vrais professionnels rôdés, connaissant les pratiques, les mœurs, les habitudes du Maroc !
Allez zou … Je vous ressers le même plat que dans de précédents papiers … Quand se décidera t-on à privilégier une embauche locale ? Sommes-nous à ce point aussi pauvres en cadres nationaux,, qu’ils nous faille constamment aller chercher au diable vauvert, aux Bahamas et plus loin encore, des cadres pour diriger nos “cantines” !!! Mieux, pourquoi ne ferions-nous pas comme nos amis égyptiens qui pratiquent comme suit : un appel d’offre sur le marché local de la main d’œuvre, ouvert pendant une durée de 3 ou 6 mois, avec un cahier des charges bien précis, un parcours professionnel bien détaillé … Au-delà de ce laps de temps, si aucun national n’a soumis sa candidature … l’hôtel peut faire appel à un étranger !
Ne serait-ce pas aussi une bonne solution pour nous au Maroc ? Si elle est validée par un pays dont le tourisme est aussi une des premières entrées de devises ?
Côté restauration, à Tanger, les anciens aussi commencent à ne plus savoir ou donner du rond de serviette ! Des nouveautés à la pelle, du bon du moins bon, du Foudinge et du Drinquinge , du Laouunge, de l'Afteur, et puis une ou deux tables qui, ma foi, se défendent fort bien et pourraient prétendre à quelques distinctions nationales ! Je veux parler de O Saveurs, quartier Californie, avec une chef(fe) de cuisine, Julie, qui creuse son trou férocement sans faire de vagues ! El Pescador avec un chef de cuisine franco-tunisien, dans un registre épuré et une cuisine tendance ... Et puis dernièrement, ouverture en basse saison de L’Adresse, situé au-dessus de la nouvelle gare ONCF dans une villa patricienne (quelques gros règlages à prévoir avec un chef de cuisine français, évidemment, ce qui n'empêche pas lesdits règlages !).
Et après les mauvaises langues vous diront que Tanger s'endore sur ses lauriers !!! Une preuve de plus : l’ouverture prochaine de La Fabrique, rue d’Angleterre !
15 JANVIER 2010
Même en hiver, Tanger, la capitale du détroit, vit et pétille !
Avis aux mauvaises langues ?
L’ADRESSE
Derrière la nouvelle gare ONCF. Il y a des moments où l’on trouve que la réalité lanterne, que les nouveautés ne jouent pas le jeu, que la table ne tourne pas rond … Dans une belle villa patricienne, ancienne propriété d’une grande famille tangéroise, peste ! Jour d’ouverture en basse saison, à la mi-décembre 2009 … Belle constance pour un propriétaire français possédant restaurant à Paris nous dit-on … La villa en question, connue de la gentry, a été rénovée avec goût : belle découpe des baies vitrées, jardin minimaliste, plan d’eau japonisant, éclairage extérieur, et tempête de pluie et de vent ce soir-là ! Sécurité à “volo”, belle distribution des volumes intérieurs, grande tenture en chantung de soie mauve du plus bel effet … et climatisation sur position “congélation”, résultat, un froid de canard en salle, des fenêtres qui ne fermaient pas, des courants d’air dignes du pôle nord ! Dommage … Belle carte avec quelques trouvailles ! Personnel en salle, pléthorique, comme souvent en période d’ouverture ! Côté cuisine … quelques gros réglages à prévoir ! Une heure et quart pour se voir délivrer un foie gras vraiment “maison” et des calamars dits “des iles”?, sans charme, servis froids, sauce certainement élaborée avec de la maïzena ! Pour suivre, un pot au feu de bonne facture, servi dans une cocotte en fonte, un filet de bœuf à la couleur demandée mais délivré dans une assiette froide avec des légumes froids ? Pincez-moi, je rêve ! Un chef français, évidemment, nous distille t-on lorsque j’eus le malheur d’émettre quelques réserves au directeur de salle (professionnel et charmant somme toute) … Perplexité et décor contemporain … Donc, après les réglages de service et autres remises en cause, j’y retournerai, c’est sûr !
Comptez 300 / 400 Dh par personne
Villa Salsabill, rue Bellavista -
LE MIRAGE
Au propre et au figuré ! Parler restaurant de luxe en ce moment revient à mettre de la feutrine sur un marteau avant d’enfoncer le clou ! Scènes iconoclastes, un week-end prolongé, une salle à moitié vide ? Pincez-moi, je cauchemarde ! Voilà une adresse que l’on vous balance comme valeureuse mais pas forcément brillante ! Il y a bien un public pour ce type d’abstraction Pi Poule faite pour épater le badaud … Il y a toujours cette vue, évidemment, sur la mer. Mais l’atterrissage est souvent compliqué, avec un service toujours aussi surfait et de vieux serveurs qui se crêpent le chignon en pleine salle. Un banal hors d’œuvre dit “du Mirage”, 150 Dh, des escalopines d’espadon à 180 Dh (ça nous place cher le kg d’espadon, qui n’est quand même pas le “bestiau” le plus dispendieux chez le poissonnier du coin !). Avec le café et une demie de vin : 500 Dh tout de même …
Cap Spartel - 0 539 333 331
LA PAGODE
C’est régulièrement complet, le patron prend généralement les commandes et assure le relais avec la cuisine. Pas de prise de tête ici non plus, ça roule bien et encore mieux dans l’assiette ! Toujours ma salade vietnamienne avec crevettes fraîches à profusion (on ne change pas un cheval qui gagne !), des nems toujours croustillantes. Pour suivre, une excellente viande en fines lamelles avec des champignons noirs … et un canard laqué bien droit dans ses bottes ! Des desserts facturés autour de 25 / 30 Dh !!! Inutile d’aller chercher “midi à quatorze heures” !
Comptez 200 / 250 Dh par personne
Rue de Bagdad - 0 539 938 086
EL PESCADOR
Le patron est toujours fidèle (un chouia grognon) aux commandes, et la patronne derrière le comptoir, à surveiller les opérations. Voilà une maison “ripolinée”, nette et sans bavure … Goûtez la lotte aux olives, une pure merveille nette et debout dans sa fraîcheur, et voyez un des rares restaurateurs sur Tanger à avoir proposé un menu de réveillon à 380 Dh plus le vin … Une table vraiment méritante ! Un couple de restaurateurs dans une émotion qualitative et sûr de son savoir-faire ! Avec une cuisine non déstructurée, bienveillante, au plus prêt du produit … Ça existe, c’est à Tanger ... encore une nouvelle fois …
Comptez 300 / 400 Dh par personne
5, avenue Allal Ben Abdallah - 0 539 945 625
LE MATISSE
Le flop du Nouvel An, rayon gastronomie ! Une salle de jeux bien remplie, une belle ambiance avec un orchestre de qualité, mais, cette année, une table plus que quelconque, un menu à 700 Dh n’incluant pas le vin (une coupe de champagne offerte aux douze coups de minuit - en était ce ? - J’en doute fort, plutôt une daube sans nom !) … Amuse bouche (en fait une huître), une entrée microscopique dénommée pompeusement “salade de crevettes royales à la chair de crabe et avocats” (en fait une crevette grise, une couche de chair de crabe en conserve - bof houp gloup), un tournedos plus ou moins Rossini servi trop cuit et quelques légumes froids, 3 bouchées chocolatées en forme de dessert et pas de café !
Un des serveurs de notre rang complètement “hystérique ou saoul”, du vin blanc pétillant renversé sur un des convives m’accompagnant ! Allez zou, c’est Nouvel An, on pardonne tout, paraît-il …
Hôtel Moevenpick - 0 539 329 933
LE PAPILLON BLEU
Dans le cadre de la Rose Bleue, à Boubana, réouverture - en vol plané - du restaurant sous l’enseigne du “Papillon Bleu”, cuisine dans le genre brasserie belge ? Why not, affaire à suivre ! On regrettera tout de même le précédent gérant français spécialisé dans la viande … et quelle viande !
Ouverture prochaine à Boubana, à coté du Golf Royal, de l’Andalucia Hôtel, 5 étoiles, un nouvel établissement qui offrira chambres et suites de qualité, enfin !
1er JANVIER 2010
PANDORE VOUS ADRESSE SES MEILLEURS VŒUX GOURMANDS
La nouveauté, quel cirque et quel sport ! Qu’est-ce que nos chefs vont bien pouvoir nous pondre à cette occasion ou tout au long de 2010 ?… Et on est là, en train de se demander ce que l’on a fait à son Jnoune préféré ! Réponse : rien ! Le monde de la restauration est cruel et souvent inexplicable.
Allez savoir pourquoi certaines adresses banales et gentiment nulles sont pleines de monde et d'autres, valeureuses, galèrent dans la bonté et la qualité. Pas de morale dans cet univers … Mais quel bonheur tout de même de constater ce bouillonnement, cette foultitude d’adresses (comme diraient nos meilleurs Bobos de service) … Çà bouge à tous les étages, des adresses à petits prix relevées tout au long de l’année (il était temps), des tables bourgeoises présentant des additions enfin correctes (ça réchauffe le cœur, le portefeuille et le banquier) et quelques tables qui sortent du lot, détaillées dans mon classement des
trois meilleures tables ou méritantes de fin d’année ! Tanger, Casablanca, Marrakech ! Les dites tables, pas seulement pour le niveau singulier de leur gastronomie, mais aussi parce qu’elles prouvent qu’on peut faire avec des produits locaux, sans être obligé de servir du caviar ou autres ortolans pour se distinguer du lot !
Allez zou …
Bonne Année 2010 !
15 DÉCEMBRE 2009
Un nouveau restaurant en cours d’ouverture (prévue vers le 15 décembre), secteur nouvelle gare ONCF :
L’ Adresse - restaurant lounge.
Affaire à suivre !
1 NOVEMBRE 2009
L’AFRICAIN *
Ouvert juste avant le festival de l’ Été Tangérois, dans la série “des pommes, des poires et des scoubidous”. Bof ! Le soufflé aurait pu prendre, l’endroit est tout empreint de nostalgie d’un Tanger qui nous file entre les pattes, avec un grand arbre au milieu de la place, quelques tables ou l’on peut prendre l‘apéro’, un empilement de salles exigües avec escalier abrupt, une vraie carte postale façon Pagnol.
Pour le reste, eh bien ? Copie à revoir, il y a pourtant de la bonne volonté … Il y a pourtant de la recherche ... Même si on n’aime pas au niveau de la vaisselle beldi Bobo, et puis, enfer et damnation, que sommes-nous allés faire dans cette galère ? Des calamars insipides qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable, un pâle gaspacho, une désespérante salade Agnelli “sans queue ni tête”, une fausse bresaola et de la mozzarella caoutchouteuse, pour suivre un mièvre Parmentier d’agneau avec une purée de carotte ???, des filets de bœuf “durs” et renvoyés !
Un Val d’Argan facturé vaillamment 300 Dh … trop cher et servi chaud (pas de seau à glaçons !).
Comptez 300 / 350 Dh par personne
3 rue Kachla, Kasbah - 0 539 939 676
*Nous avons appris la toute récente fermeture de cet établissement. Preuve, sans doute, que je n’étais pas le seul à penser ce que vous venez de lire
1er SEPTEMBRE 2009
ANNA E PAOLO
Aux commandes de ce restaurant aux couleurs italiennes, dont je vous parle régulièrement, indéboulonnables : le frère et la sœur. À propos de révolution de palais, ils viennent d’ouvrir enfin, dans la zone franche de Gueznaya, leur annexe. Chez Anna e Paolo, pas d’extra, pas de vague non plus, dans la série Plan Plan, rassurant ! La petite salle du rez-de-chaussée est toujours pleine comme un œuf. La sœur dans la série débonnaire, aligne ses additions sur une nouvelle caisse électronique (un vent de folie informatique souffle désormais sur cette adresse rangée des voitures, à qui se fier !). S’il n’y avait qu’un dessert à choisir pour tout repas, je vous conseille férocement la mousse au chocolat, à damner un diable …
Comptez 250 / 300 Dh par personne !
77, avenue du Prince Héritier - 0 539 944 617
CASA DE ESPANA
La salle s’est payé un sérieux coup de jeune (il était temps, les asociados maison ont mis la main au portefeuille ???), le bar cafétéria qui était situé en salle, machine à café comprise, a été supprimé (à noter les toilettes refaites à neuf …). Les volumes gagnent en clarté avec un éclairage bien étudié, des couleurs reposantes et la dernière nouveauté, un côté fumeur et un côté non fumeur, comme si on était en Europe !
Autrement ??? Une carte rôdée avec quelques nouveautés pas très concluantes, il vaut donc mieux rester dans le registre classique, ne pas sortir des sentiers rebattus … Crevettes pil pil copieuses fraîches et délicieuses (70 Dh), ce soir-là, une sole pantagruélique et d’un rapport qualité-prix imbattable :140 Dh !!!
Nos vieilles adresses tangéroises feraient-elles de la résistance ?
Comptez 200 / 250 Dh par personne.
Boulevard Pasteur - 0 539 938 019
DISPARATE
Y’a pas photo, l’autre flop du moment dans la série irrécupérable ! L’endroit tourne en bar comme je le pressentais, la propriétaire espagnole n’a réellement pas compris grand-chose à Tanger ! Elle est aussi propriétaire d’un établissement tourné vers la restauration pour banquet en Espagne. Ce n’est pas le tout d’embaucher des cadres ibériques pour tenir l’affaire, il faut surtout que la patronne soit là ! Et boulonner de façon professionnelle. Rater un gaspacho dans un tel établissement, il faut le faire, servir une paëlla presque passable (un comble), bref … retour sur image et … remise à plat des fondamentaux culinaires ibériques s’il vous plait !
Comptez 300 / 350 Dh par personne.
Bord de baie, avenue Mohammed VI - 0 539 323 974
CHELLAH BEACH
Le fils qui gratte la guitare attrape souvent la grosse tête au moment de la prise de réservation par téléphone dans la série “je connais Tanger et ses Vip (on l’espère), je sais ce que j’ai à faire (encore un jeune cadre dynamique sûr de lui qui a bien de la chance), je gère la situation (quelle chance, ouf …)”.
Heureusement le père est là pour calmer le jeux … la cuisine et le service tiennent globalement bien la route … La vue, de jour comme de nuit, sur la baie et la promenade permet d’attendre le premier plat sereinement, avec l’orchestre familial sympa qui tient toutes ses promesses sans vous assourdir, enfin !
Côté cuisine, le filet de bœuf facturé à 120 Dh, un des meilleurs rapport qualité-prix du bled !
Le cabernet rouge à 120 Dh, bravo !
Comptez 200 / 250 Dh par personne.
Bord de baie, avenue Mohammed VI - 0 539 325 068
MIAMI BEACH
La salle est toujours aussi agréable, la seule en hauteur de toute la baie de Tanger, le patron est toujours à l’entrée, cigare vissé à la bouche, résolument le dos tourné à la salle et à la clientèle, répondant principalement au téléphone et surveillant la facturation … un chouia réfrigérant tout de même !
La table, elle, tient ses promesses, claire et nette, pour une cuisine qui se veut bourgeoise, service assuré avec précision sans sourire !
Comptez 250 / 300 Dh par personne
Bord de baie, avenue Mohammed VI - 0 539 322 463
BALNÉAIRE DES HÔTELS ASSOCIÉS ASOCIADOS
Un peu désuet, coincé à l’autre bout de la baie, toujours la télévision qui diffuse des matchs et une clientèle qui visiblement vient autant pour la table que pour l’ambiance sportive. C’est marrant … L’assiette respecte ses promesses, bien souvent c’est le maître d’hôtel qui vous guide dans “son” choix, rarement de problème, dans la série brute de décoffrage ! L’avocat aux crevettes Plan Plan, le saint pierre copieux et bien délivré … Bref, pour les longues soirées d’hiver !
Comptez 200 / 250 Dh par personne.
Bord de baie, avenue Mohammed VI -
1er AOUT 2009
À TANGER, NOUVEAUTÉS, RESTAURANTS DE PLAGE ET ENVIRONS
RESTAURANT O SAVEURS
C'est toujours impitoyable, un restaurant tout neuf. Il arrive brut de décoffrage, la moitié du bled l’attend au tournant et s’y précipite, l’autre moitié, dubitative, attend la rumeur, les échos, le flop éventuel !
Les voix, le personnel, n'ont pas encore trouvé où se placer. Les peintures sentent encore, c'est incroyablement sensible à qui laisse traîner une oreille, un regard. L’escalier d’accès sur rue est raide, on pense tout de suite à cette pub à la télévision ou l’on vante les mérites d’un fauteuil élévateur pour 5éme âge ! Rien ne manque coté déco, la salle est couleur tendance “chocolat” et de grands couverts peints au mur, les tables gentiment rangées dans la salle en intérieur, et quelques volées de tables en terrasse donnant sur l’arrière et le jardin. Le mari est là et propose des “petites” entrées, des “petits” plats mitonnés par sa “douce moitié” , le tableau est presque idyllique. Car en de tels endroits, il faut marquer le terrain, mais pas trop, laisser la scénographie libre pour que le client puisse y trouver sa place.
Et la carte ? En général les cartes de ces nouveaux restaurants ont vite compris qu'il ne fallait surtout pas trop la ramener, faire du vent ou des vagues. Servir les plats, certes, mais ne point trop dénoter dans l'harmonie générale, faire dans le train-train ambiant. Alors cette cheffe a tout compris, elle fait façon passe muraille, sans trop écorner les habitudes tangéroises !
Impeccable carpaccio de bar et de saint jacques au basilic et “petit” mesclun … Des spaghettis aux fruits de mer copieux, variés et fins 130 Dh, le filet de bœuf au poivre de Séchouan rituel et quadrillé comme il se doit, rosé et tendre, accompagné de pommes de terre Darphin 140 Dh. Impeccable dos de turbot un peu plus laborieux (servi un peu trop rosé à l’arête) avançant avec un prix un brin corsé 170 Dh.
Et le service, charmant, presque appliqué comme une sortie d’école dans son désir de faire au mieux, poussant à la roue avec une bonne volonté communicative. Quelques jolis couacs mais redressés avec le sourire prestement … Déjà quelques habitués et inconditionnels de cette belle crèmerie prometteuse … Bon sang ne saurait mentir ! C’est ben vrai ça … aurait dit la Mère Denis dans cette fameuse pub’ pour une machine à laver …
Comptez 350 / 400 Dh par personne
Quartier Californie route de Boubana - 0 539 949 660
L’OCÉAN
On pouvait s’attendre au pire dans la série “soufflé raplapla”, la cheffe de cuisine française avait levé la patte et l’époux de ladite cheffe avait évidemment pris ses cliques et ses claques en stéréo avec la belle : tout ce beau monde ouvrait un nouveau restaurant au centre de Tanger … Et puis alors, enterrement de première classe ? Eh ben non ! La table est toujours là (finalement sympa), le soleil brille (férocement) , et cerise sur le gâteau, le patron a grimpé une terrasse en dur qui permet d’admirer enfin l’Atlantique … Nouveau maître d’hôtel à catogan un chouia Baba Couul … la même carte que l’année précédente, les classiques maison tirés au cordon. La timbale de mousse d’avocats et crevettes, sans peur ni reproche, la pièce de bœuf, le filet de saint pierre sans soucis ! Thon rouge parfait saupoudré de poivre blanc : bref une adresse qui continue à défendre ses couleurs pour un déjeuner de soleil …
Comptez 250 / 300 Dh par personne.
Tâtez aussi des soirées à thème organisées par l’Océan. Dernièrement une soirée “mariachi” qui n’avait rien de mexicain mais ou tout ce beau monde tangérois en majorité hispanophone s’est amusé tard dans la nuit (forfait buffet 200 Dh avec le vin, il fallait compter 300 / 350 Dh par personne).
Près du Cap Spartel - 0539 338 137
DARENZO
Le flop … total ! Manger des kilomètres d’asphalte et quelques centaines de mètres de piste ensablée pour déjeuner de façon aussi déprimante relève du grotesque total ! Attiré par la rumeur publique et les patrons eux-mêmes indiquant que des Top Vip fréquentaient l’endroit, j’avais mis au programme ce restaurant installé sur la plage entre bambous et parasols. Le couple d’Italiens qui tient cette table “maritime” propose des pâtes (d’un commun sans nul autre pareil, les vongoles affichés au menu-forfait étaient épuisés lorsque nous sommes passés à table à 13 heures) des anti pasti (plats comme une limande), des desserts communs. Cher, très cher, le bout de sable ! A zapper.
Menu unique à 250 Dh (entrée, plat principal, dessert) plus le vin et les boissons.
Briech près d’Asilah - 0 661 665 435
ABDOU
Connu comme le loup blanc depuis une bonne quarantaine d’années, Abdou est un personnage qui entretient son coin de cuisine comme un feu ardent et une certaine ferveur. Sa paella cuisinée en prise directe avec la clientèle, les morceaux de bois cassés à même le sol alimentant le feu sous la paëlla concourent à donner un charme fou à cette maison. Pas de carte, les employés prennent la commande à la bonne franquette, salades de crudités en entrée 20 Dh, une platée de crevettes bien fraîches 80 dh (un chouia cher) et cette fameuse paëlla toute simple qui fait courir depuis des années le tout-Tanger des dimanches 60 dh … Installé de bric et de broc sur des tables autour des arbres, sous de vagues tonnelles, l’endroit respire une autre époque et Abdou nous rappelle bien des souvenirs d’un Tanger qui nous file entre les doigts ! Rien que pour cela il devrait recevoir une étoile …
Comptez 200 Dh en se forçant vin compris par personne !
Forêt Diplomatique, entre Gueznaya et Asilah
LA MÉRIDIANA
Je vous en parle chaque année … Il y a comme ça des adresses qui vous tombent dessus à date estivale fixe comme des petits miracles. La maison a fait sa révolution de palais, la salle de restaurant a retrouvé sa localisation au premier étage d’une grande villa avec vue sur l’échangeur Tétouan - Capo Negro - M’diq, le tout engazonné, arrosé, gardienné … Finies les époques où le chef partait tout seul devant, en entonnant des hymnes avant-gardistes. On le suivait, fallait bien, la faim vous tenaillait, il allait se manger le mur et le client allait manger son portefeuille. Certes, il y avait parfois des plats aux risques savoureux mais, la plupart du temps, combien de fois avons-nous levé les yeux sur ces cuisines à complications, comme les mouvements de montres ? Ici pas de risque, une carte simple précise et sans fioriture ! Un vieux renard maitre d’hôtel un peu dépassé par les événements et l’affluence ce soir-là ! Un personnel pléthorique sortant tout droit de l’école hôtelière du cru, un service donc empressé d’un autre âge.
Ce soir-là, d’excellentes crevettes pil pil (il manquerait plus que cela) , une alouette de saint pierre et mousse de poissons (servie sans mousse de poisson et sans excuses !) poisson iodé et plein de fraîcheur heureusement. Bref, pour moins de 300 Dh avec une demie de vin blanc …
Que demande le bon peuple ?
Sur la route de Tétouan à M’diq - 0 539 975 114
15 JUILLET 2009
HÔTEL CÉSAR, 4 ÉTOILES
Un nouvel hôtel ouvre ses portes en façade de mer du coté de l’ Hôtel Tarik. Grandes baies vitrées fumées en arrondi, hall de réception clarteux desservant le bar, le restaurant. Chambre single 1.500 Dh, double 2.000 Dh, suites entre 3.000 et 4.000 Dh. Petit déjeuner facturé 160 Dh.
Bord de baie -
PALACIO DE LAS PAELLAS
Le restaurant du “Palais de la Paella” a été réactivé, il y a quelques mois, par les patrons espagnols. Cette unité fait partie d’un grand ensemble neuf : café, salon de thé, restaurant du plus bel effet et d’un investissement financier certainement important !
Ce soir-là, un jambon dit de Serrano, goûteux tranché au couteau, flanqué de tranches de fromage espagnol, une paella “aveugle” - en fait décortiquée - le riz bien caramélisé, pléthore de crevettes et calamars, découpes de poulet, et le toutim pour 95 Dh !
Comptez 200 / 250 Dh par personne.
141 boulevard Pasteur -
L'AFRICAIN
Cuisine bio et française, chef de cuisine français ... Inauguration des locaux en présence du consul général de France et du président du C.R.I. .
À l'entrée de la Kasbah - 0 539 939 676
LE NABAB
Ouvert depuis la semaine dernière, entre kasbah et médina, dans la série “cuisine marocaine"!
Affaires à suivre, je vous en reparle évidemment trés prochainement ...
1er JUILLET 2009
CAFÉ-SALON DE THÉ PORTE
Racheté par le groupe Oliveri, le Café de Madame Porte rouvre au public, après une rénovation laissant dans son jus original le célèbre salon de thé de Tanger (ouvert en 1954). Fauteuils et chaises, sets de table chics, tentures fushias, le bar fait désormais face à l’entrée, une belle terrasse en plein air installé sur la voie piétonne. Belle résurrection ! Beau travail de décoration.
Juin 2009
O Saveurs
Juste ouvert pour la saison d’été … le restaurant “O Saveurs”,quartier California, à deux doigts du centre équestre de Boubana, vient d’ouvrir ses portes dans une villa privée ! À n’en pas douter, Julie (anciennement cheffe du restaurant l’Océan à Cap Spartel) saura redonner des couleurs à la gastronomie tangéroise, accompagnée de son époux, qui dirigera la salle, flanqué de son inimitable accent de Toulouse …
Affaire à suivre donc ! On en reparle prochainement …
O Saveurs - 0 654 348 700
LE MIRAMAR
Evidemment, il faut trouver l’entrée de ce restaurant (presque au bout de la baie, coté port et douane), descendre une volée d’escaliers, traverser le bar peuplé de “créatures” charmantes et somme toute discrètes, s’installer en face de la plage et attendre la carte, confiant !
Les poissons proposés sont toujours ruisselants de fraîcheur, les viandes tiennent drôlement bien la route, le service est empressé … Ce jour-là, des entrées banales, (à noter l’excellent cocktail de crevettes bien fraîches), pour suivre, une sole pantagruélique, un saint pierre copieux et les légumes en garniture idoines ! Service rapide et compétant.
Attention, les cartes de crédit ne sont pas acceptées.
Comptez 250 / 300 Dh par personne
Baie de Tanger -
LE SAN REMO
Voilà encore un restaurant dans la série des Pères tranquilles, dont je vous entretiens régulièrement, situé à une petite encablure du Consulat de France. Carte inchangée, décor immuable, service égal et table sans hoquet, c’est net et presque sans bavure ! Une clientèle amusante, mêlée d’Anglais qui y ont leurs habitudes, et de Français hauts en couleur.
La patronne vient d’introduire l’informatique, c’est dire qu’un fort coup de vent souffle dans les hauts quartiers de Tanger ! Côté cuisine … c’est sans appel, sans risque, le filet de bœuf, un classique de l‘endroit, ce jour-là la brochette de lotte copieuse, et en entrée des pizzas (fabriquées en face …).
Pour clore le ban en beauté, un curieux gâteau au chocolat (ail ! le régime).
Comptez 300 / 400 Dh par personne
15 rue Ahmed Choukri - 0 539 938 451
LA PAGODE
L’exotique indémodable. C’est rituel au début de chaque saison estivale, je vous ressort la Pagode et son patron, c’est clair net et précis … On n’y vient pas pour rigoler mais pour manger, les habitués ont leurs tables, leurs serveurs, leurs plats préférés … D’ailleurs la plupart des clients ne sont pas sitôt installés que le patron leur annonce la couleur !
Un chouia désuet dans une petite rue, à deux pas du Cercle de Tanger (l’ancien Casino) et de la Place de France. Déclinaison classique d’une carte connue et verrouillée depuis de nombreuses années !
Comptez 200 / 300 Dh par personne
13, rue de Bagdad - 0 539 938 086
LA CITA
Dans un registre encore plus familial et tout aussi sympathique, à deux pas de la Grande Poste, boulevard Pasteur, ce petit restaurant tout en longueur, qui ne paie pas de mine, est généralement pris d’assaut et complet ! Surtout en soirée. Musique de ... là-bas, serveur et serveuse en tenues traditionnelles, carte longue comme un jour sans pain à des prix plus qu’abordables …
On y vient en famille ! Rouleaux de printemps, riz cantonais, canard aux pousses de bambou, bœuf sauté aux champignons noirs … le tout sans mauvaise surprise.
Comptez 200 / 300 Dh par personne
1, rue Imam Ghazali - 0 539 341 087
Mai 2009
EL PESCADOR - Chef de cuisine : Dagueri
Ou la revanche des Papy flingueurs Bon pied Bon œil ! Soixante-seize printemps au compteur, le nouveau gérant de ce restaurant, situé à 2 pas de l’Hôtel Chellah et dont le dernier chef de cuisine français multi-étoilé fit long feu, pourrait bien donner des leçons à ceux qui verraient la retraite à 55 ans ! Le bonhomme nous arrive des Usa, accompagné de son épouse. Visiblement ce couple connait le pays, je ne serais pas étonné d’apprendre qu’ils en soient même originaires ! Le décor a été totalement modifié : murs blancs zen, quelques photos noir et blanc, nappes, napperons, serviettes immaculées, serveuses et serveurs en tenue noires !
Carte intéressante et surprises à tous les étages … Tâtez de cette excellente cervelle en papillote ou encore de ces aubergines aux foies de volaille … La salade de foie gras sur son lit de haricots verts sauve mieux que les meubles. Rayon plat principal, le saint pierre à la vapeur ou le délicat bar en filet au fenouil, la pièce de bœuf au merlot, une pure merveille ! On oublie les desserts, sans aucun d’intérêt, un chef ne peut être bon partout !
Comptez 250 / 350 Dh par personne
5, avenue Allal Ben Abdallah, Tanger - 0 539 945 625
MARCELLO
Tiens, voilà encore un restaurant dans la série les papy flingueurs, le gérant tient bon la barre d’un établissement qui, à l’origine, se situait en bord de baie, et se trouve désormais au rez-de-chaussée du Centre Dawliz. Ambiance calme et coucouninge, animée par un pianiste qui connait son boulot : la bonne musique au bon moment selon la clientèle !
Carte Pépère, sans enjambée lyrique, d’ailleurs, y vient-on pour jouer de la note gastro’ ? Certainement pas, on y vient pour le gérant Botbol, un autre morceau d’anthologie de la vie tangéroise (nœud papillon, complet blanc, pochette rouge, de garde bien souvent sur le pas de la porte). Ambiance un chouia surannée, une musique qui ne vous casse pas les tympans … Le tout assez bien ficelé à des prix abordables !
Un Méli Melo de crevettes sympathique et frais … Un Osso Bucco pas mal troussé (les pâtes, malheureusement trop cuites), un demi Sahari Rouge facturé un peu lourdement 110 Dh. Globalement agréable avec une belle vue sur la baie, même si on se trouve au rez-de-chaussé du Dawliz !
Comptez 250 / 350 Dh par personne.
Rue de Hollande, Centre Dawliz, Tanger - 0 539 333 377
017 DINNER CLUB
Tenue par 2 jeunes gérants, cette belle villa laissée longtemps à l’abandon a été restaurée avec un certain goût dans la veine lounge : murs en tadellakt gris, musique surfant sur la vague, éclairage bien étudié, nourriture moyenne en rôdage et service correct !
Ce jour-là, une Salade César aux gambas très très moyenne (les filets de poulet remplacés par des crevettes roses décortiquées ???), une entrecôte XXL correcte en grammage macérée avant cuisson dans une sauce relevée un peu hors sujet, bordée de légumes frais, un Crumble parfait. La demie bouteille de vin Président ici aussi facturée lourdement à 110 DH.
Peuvent mieux faire et ils vont certainement faire mieux ! J’y retournerai certainement lorsque la cuisine aura pris quelques galons …
Comptez 250 / 300 Dh par personne
17, rue de Fès, Tanger
RESTAURANT LAACHIRI
Aux alentours de Tanger, sur la route de Ceuta
En plein centre du bled, il faut trente minutes, sorti de Tanger, pour se retrouver à la porte de ce restaurant installé au premier étage avec une vue sur le viaduc de Millau ! (enfin plutôt cet ouvrage d’art impressionnant qui permet à l‘autoroute qui mène à Ceuta d’enjamber l’oued … ). Salle d’une propreté irréprochable, serveurs avenants, carte tournée vers les produits de la mer, flambants frais, assiette généreuse et clientèle familiale !
Crudités variées en entrée, saint pierre copieux et sole parfaite … Enfin simple et sans prise de tête, l’endroit est évidemment pris d’assaut, régulièrement complet …
Comptez 150 / 250 Dh par personne en se forçant ! (pas de vin ni alcool servi à table)
Route nationale, Ksar Seghir - 0 539 390 006
CASA DE ESPANA (à Larache)
Certainement la seule adresse sur Larache qui puisse retenir votre attention. Flanqué d’un décor garanti d’une autre époque et d’une salle ringarde à souhait. Commande prise par un maître d’hôtel plutôt bourru mais professionnel ! Clientèle socio en prime … ça fait le charme de la crèmerie !
La carte ? Elle a la vertu d'être courte, de couvrir ce que l'appétit s'en vient chercher : plats dépouillés, poissons du jour péniblement détaillés par le jeune serveur, très peu de viandes (on s’en douterait). Pas de véritable propos si ce n'est le registre “Restaurant de bord de mer”, brut de décoffrage, sans franchement de fantaisie. Au moins, dans ce genre de système, on peut commander à son aise. Va pour le calamar, le saint Pierre, la dorade ou une superbe sole (carrelet). Plats solides et relativement plaisants, voire réussis comme le dernier cité (garniture de légumes calamiteuse, dont des frites graisseuses à souhait !) . C'est vif, assez généreux dans le grammage ! Des tartes au citron exotico-comiques confectionnées avec de la génoise et deux couches d’appareil parfumé au citron.
A part cela ? On règle son addition sans surprise et on rêve de trouver semblable adresse dans certaines villes Pi Poules !
Comptez 200 / 250 Dh par personne
1, rue Taza, Larache
A éviter absolument, ou alors à conseiller à son plus fidèle ennemi :
LE FELLINI, au Golf Royal de Boubana, malgré un papier louangeur d’après ouverture. Deux options : soit le chef de cuisine est parti en courant, soit il a perdu la main, victime des schnouns tangérois (va savoir )). Le restaurant est tombé depuis au plus bas, le soir où j’y suis passé, le serveur proposait une soupe de féculents et des brochettes de bœuf … Charmante attention ! Là aussi, sortie en gros avec mes invités, alors que nous avions pris le soin de réserver auparavant et que le serveur aurait pu simplement nous indiquer que le cuisinier était retourné vers d’autres pianos … On est même capable de le comprendre !
Nous avons appris, le 1er avril (pourvu que ce ne soit pas un Poisson !), qu’un nouveau chef était arrivé, arborant la Médaille d’Or du dernier salon Equip’Hôtel de Paris.
Comme quoi Pandore n’avait pas tort !
DISPARATE
Malheureusement le Flop du moment sur Tanger ! Deux tentatives (factures à l’appui pour les malfaisants qui pensent que je ponds mes papiers via une boule de cristal). Investissement espagnol assez conséquent finalement pour un établissement somme toute en location, très tendance là aussi ... Opposition de couleurs noir / blanc. Cuisine espagnole évidemment, mais là ou on devait trouver une table et une cuisine copieuses et ferventes, on trouve un succédané de cuisine hispanique. Entre nos deux visites, un nouveau bar donnant sur la salle et cachant la vue sur cuisine ...
Pourquoi donc ? Alors qu’il y a déjà deux bars en façade de mer ???
Rayon cuisine, des croquettes pas au top mais alimentaires, une paella aux fruits de mer collante, la garniture de poissons et crustacés moyenne, les pâtes Disparate trop cuites. Café expresso à 25 Dh (ouille-ouille ) le Guerrouane à 110 Dh dans les tarifs généraux, servi tiède.
Peut mieux faire - un nouveau chef de cuisine est arrivé au chevet du malade, on peut espérer que la patronne va redresser la barre rapidement ?
Y va-t-on pour déjeuner ou dîner ? C’est toute la question ...
Comptez 250 / 300 Dh par personne
Bord de baie - Tél : 0 539 323 974
LE MATISSE - Restaurant du Casino Moevenpick Malabata
Le fameux dîner du 31 Décembre, l’exercice est scabreux, son menu est souvent rabâché (foie gras, saumon fumé et autres filets de bœuf), le champagne est convoqué, à minuit tout ce beau monde s’embrasse ... “La totale" dans la série Corvée du Nouvel An !
Installée cette année au Restaurant Le Matisse, au 1er étage avec vue plongeante sur la salle de jeux, l’équation n’est jamais résolue d’avance. D’autant plus qu’à minuit trente, heure de notre départ, la salle comptait au plus vingt cinq convives.
Et pourtant l’heureuse surprise vint du menu concocté par le chef, un unique amuse bouche banal et ridicule (passons), suivi d’une curieuse entrée : des pointes d’asperges fraîches et croquantes, emballées dans une tranche de saumon fumé, mélange délicat et subtil ! Pour suivre, une savoureuse terrine chaude de saint Jacques, bien équilibrée en goût et quelques grosses crevettes, ensuite un tournedos Rossini servi à la couleur demandée avec une excellente escalope de foie cru poêlé. Autres bémols concernant le dessert, assassiné par une gelée alimentaire et le champagne promis en fin de soirée transformé en "vin pétillant espagnol" s’apparentant plus à une vulgaire daube. Cotillons et cadeau de la direction du Casino.
600 Dh par personne pour un diner de qualité dans un endroit de charme.
Tél : 0 539 329 933
LE CHELLAH BEACH CLUB
Je vous en ai déjà parlé il y a deux ans. Créé en 1954 par le chef Oliva, originaire de Tétouan (grand footballeur devant l’éternel à l’époque). Dans la série table pépère et musicale (le père et le fils aux pianos et aux micros) vous apprécierez les rengaines distillées un peut tard dans la soirée, malheureusement, Blue Velvet et autres Besame Mucho, c’est tout à fait charmant ) ...
Vous ne devez pas louper cette adresse ! Pour une soirée sans complexe, sans prise de tête ! C’est à coup sur l’adresse à marquer sur votre carnet de bal ! Gaspacho à l’ail, saint Pierre grillé copieux, filet de bœuf tranché généreusement, nappé d’une sauce malheureusement en conserve. Pour clôturer le banc, une vraie tarte au citron (fond de tarte sablé) et mousse au chocolat à damner un bon diable ... La bouteille de vin Cabernet rouge facturée 100 Dh !
Comptez 200 / 250 Dh par personne
Baie de Tanger - Tél : 0 539 325 068
LE FELLINI
Je vous en parlais dernièrement ... Les travaux ont été menés rondement ! Le soir ou nous y sommes allés sous un déluge de pluie, la salle donnant sur le green, comme disent les spécialistes anglophones, était noyée ! Maladie de jeunesse !
Trois menus à prix doux entre 120 et 225 Dh, le chef, fine guêpe, attend de rôder son équipe, certainement, avant de se lancer dans la carte ! Ce soir-là, menu à 225 Dh : en entrée, une gratinée de fruits de mer copieuse, variée et bien gratinée, une salade César qui défendait bien les nouvelles couleurs de la maison ... Trois darnes de saumon poêlées (pas grasses) flanquées de légumes frais. En dessert, fondant au chocolat - vraiment pas inoubliable - mais correct. Une bouteille de vin blanc Sémillant facturée 110 Dh ! Pour un diner plus que correct, à des prix que l’on espère conserver dans un décor de verdure exceptionnel ! Service attentif et pas pesant, un jeune directeur de la restauration un peu stressé certainement, grillant cigarette sur cigarette ...
Que demande le peuple ?
P.S. Une grande réserve à ma dernière visite, les 3 menus étaient remplacés par une ordinaire soupe de féculents et des brochettes de bœuf. A éviter pour le moment !
Comptez 200 / 300 Dh
Royal golf de Tanger Boubana - Tél : 0 539 338 383
LUIGI Restaurant «express»
C’est un restaurant familial qui ne sert ni vin, ni alcool, dans la veine des fastes fouds !!! (pas à classer dans la série nauséeuse des néfastes fouds ! suivez mon regard). Lors de ma visite, j’ai compté plus de douze personnes en cuisine et une bonne dizaine en salle (sur deux étages, il est vrai) ...
Bonjour les paies en fin de mois ! Tout est rondement mené, de la commande à l’arrivée des plats sur table. La cuisine est grande ouverte sur la salle, le personnel est encore un peu en rôdage mais tout est dans la cadence ! Le soir de week end où j’y suis allé, une salle bien remplie .
Goûtez les anchois au persil, ils sont réussis, la salade de la mer copieuse, l’escalope milanaise fine et goûteuse ... bref pas de prise de tête, ils font traiteur aussi pour les petites faims devant la télévision. Pizzas entre 50 et 75 Dh (Calzone), les salades entre 35 et 80 Dh, les plats principaux entre 75 et 85 Dh !
Comptez 150 DH par pers
Place du Koweït Tanger - Tél : 0 539 379 006
LE CERCLE DE TANGER
Avis aux nostalgiques, c’est l’endroit certainement où l’on respire réellement le mieux un Tanger qui nous file fissa entre les doigts, tenu par un charmant vieux couple : Moïse et Rica Emergui, vous pourrez si vous montrez patte blanche y déjeuner ou diner d’une cuisine cacher simple et goûteuse !
Aux dires des connaisseurs, surprenant même ...
Les cigares au saumon sont désarmants de naturel et croustillants. Le tajine de viande aux champignons pas gras vous laisse repu, tâtez du merlan pané ! Rayon dessert, le cigare aux amandes, là aussi - comme chez nous - !
C’est charmant, totalement décalé, vieillot mais propre. On y tape le carton l’après-midi entre connaisseurs, vieilles dames très dignes et adhérents du Club dans un calme serein et détendu ... Et le sourire de la patronne, Rica, vaut bigrement le déplacement si vous ne deviez y aller que pour cette raison (quand on voit parfois la trogne que nous tire souvent toute cette jeunesse sortant tout droit de nos belles et grandes écoles hôtelières) ... Il est prudent de téléphoner !
Comptez 150/200 DH par personne
16, Rue Prince Héritier - Tél : 0 539 936 020
HOTEL CONTINENTAL DAR BAROUD
Que dire de certains hôteliers tangérois qui, au gros de l’été laissent leurs navires aux mains d’un personnel dévoué, certes, mais aux prérogatives évidemment limitées sinon rognées ?
Dernière aventure citée par une de nos correspondantes parisiennes : réservation effectuée par fax non sans mal au Continental Dar Baroud, cette procédure épistolière ne recevant pas l’agrément de la Direction, semble t-il (aux dires des employés) chèque envoyé représentant la moitié du séjour, mais aucun accusé réception, le courrier semble t-il tombe dans le bureau directorial et le patron est en ... vacances ! Au moment de régler la note, le réceptionniste,intraitable, encaisse la totalité du séjour sans vergogne alors que la bonne Dame exhibe la photocopie du chèque envoyé à titre d’arrhes ! Elle se voit asséner par l’employé qu’elle n’aura qu’à contacter le patron (lorsqu’il sera rentré de goguette) afin de récupérer le chèque en question ! À ce jour, la bonne dame court toujours après son chèque !!! C’est pas beau la vie ?
Pendant qu’on y est ... Que dire aussi de l’état des parties communes de cet hôtel qui se veut historique ? ... Poussiéreux, encombré de sacs de ciment, de vieux mobilier, d’ouvriers s’activant en pleine saison touristique avec toutes les nuisances sonores que tout ce beau monde implique ! À entendre les touristes sirotant leur verres de thé (puisqu’aussi bien dans cette maison l’alcool est prohibé ? Restaurant compris ?? ). Alors qu’au milieu de la nuit un individu très fatigué (prière de lire entre les lignes) tape aux portes du premier étage essayant de retrouver sa chambre. L’ambiance n’était pas réellement au beau fixe ... Ainsi va le navire Continental !
P.S. : Le sémillant Délégué du Tourisme contacté de guerre lasse était aussi absent du paysage tangérois en plein mois d’août, en vacances parait t-il ?
Tél : 0 539 931 024
BODEGA & BODEGA
Je vous l’avais annoncé, l’endroit a été repris, je ne vous parle plus de la vue splendide (çà ne se mange pas en salade de toute façon ... ). Coté carte, rien que du classique, pour exemple des légumes crus marinés qui sonnaient juste dans leur simplicité, des crevettes pil pil pile comme on les aime, copieuses et sans frou frou, un filet de bœuf au poivre annoncé flambé (j’en doute) mais bien servi en grammage et exactement cuit à la cuisson demandée, un filet de saint Pierre certainement décongelé mais bien traité, garni de légumes frais. À essayer aussi, la paella valencienne ... Rayon desserts à éviter absolument, la crème catalane, en fait une banale et insipide crème brulée, la mousse au chocolat tout droit sortie d’une composition en poudre ...
Service en rodage, directeur de salle furieusement décalé mais charmant, attentif et poli ... une nouvelle et finalement bien agréable adresse pour nos prochains mois d’hiver dans la capitale du Nord ...
Comptez 250/300 Dh par personne
Centre Dawliz, 42 rue de Hollande
LE MANGANA Centre Dawliz
Repris par un citoyen allemand ayant professé à Marbella, voilà encore une fois cette adresse qui tangue dangereusement ... Malgré cette vue époustouflante sur la ville du Détroit, la kasbah, le port... On nous promet un bar, restaurant et tapas ... mais que de crimes on commet au nom des tapas ! Affaire à suivre donc, je vous en reparle prochainement. Le dernier dîner où j’avais tenté de renouer avec cette enseigne : des escargots de bourgogne ? au roquefort, totalement étouffés par le fromage, un carré d’agneau banal, un vin des Celliers de Meknès en phase de lancement, un gérant français gentil mais visiblement complètement dépassé par les événements qui d’ailleurs cède sa place à ce nouvel arrivant hispanique ! La sanction tombe vite dans nos métiers de bouche ...
Centre Dawliz, 42 rue de Hollande
RESTAURANT TOM YAM
Le patron à lui seul vaut le déplacement, à le voir trimballer dans la poussette son héritier avec un sourire béat de père comblé, on se dit que l’affaire n’est pas gagnée ... Et puis pour peu qu’on le lance sur la composition de tel potage thaï, on n’est pas sorti de l’auberge, le bonhomme connait son affaire à l’évidence, sa femme est originaire de Thaïlande, le personnel en cuisine est du même tonneau ... et le résultat dans l’assiette, sans vous faire grimper au mur, est surprenant de qualité, de quantité ... Inutile de vous faire un dessin entre le poisson au curry, les rouleaux de printemps, la soupe au vermicelle poulet et autres beignets au crevettes ... La maison mérite largement le détour et vous changera des approximations culinaires exotiques casablancaises, dont je vous entretiendrai sous peu .... Ici on lèche les plats des cheffes officiant en cuisine au vu et au su des clients, belles lettres de noblesse à la simplicité !
Comptez 200 / 250 Dh par persnne
5, avenue de Youssoufia - Tél : 0 539 320 897
LE MIRAGE
C’est un peu l’institution du bled, pour faire simple, on dira que l’endroit est pris d’assaut en gros les deux mois d’été. Le gérant se pousse du col et joue les relations publiques, le directeur français, en poste quasiment depuis l’ouverture, régule tant bien que mal toute cette affluence. Vous préférerez les périodes plus calmes, au printemps ou en automne, lorsque le personnel prend le temps de vous servir et ne vous accueille pas comme un chien dans un jeu de quilles ... coincé entre deux Pi Poules (dans la série Jean-Louis Scherrer ou autres gloires vieillissantes) qui hantent la maison en habitués ou sociétaires à vie !!
Ce jour-là ... Assiette de truite fumée de l’Atlas, banale, sortant d’une ferme royale, un cœur de filet grillé, lui bien pesé et cuit à la couleur demandée, un osso bucco qui tenait diablement bien la route ... Belles assiettes, belle verrerie. Bref, le tout servi et magnifié par un panorama exemplaire ... Un bel endroit bien entretenu ! Loin du bruit et de la fureur estivale de la Capitale du Détroit ! Encore que cette année, la fameuse saison d’été démarre bien tardivement, n’en déplaise à nos édiles locaux ...
Comptez 400 / 500 Dh par personne
Cap Spartel - Tél : 0 539 333 33