pour Resagro le 31 décembre 2011
LE CATANZARO Rue Tarik Ibn Ziad Gueliz Marrakech
Véritable quartier , solide sur ses jambes , le Gueliz a la cuisine
toujours aussi hasardeuse , elle eut du coffre naguère ( c’était le
seul centre d’intérêt de Marrakech jusqu’au années 90 ) , chercha ses
marques par la suite ( c’est ici que la nouvelle vague des
restaurateurs « multi étoilés « se fit la dent dans l’exotique et
souvent le comique ) , le Gueliz flotte de nouveau aujourd’hui «
tendance parano’ improbable « ( traduction Pipoule et vieille pies
revenus de tout) … Il vous reste dans le secteur « inoxydable « le
Catanzaro niché derrière l’ancien marché , dans une rue improbable ,
sans aucun éclairage la nuit , un beau « coupe gorge « . Notre
première Edile municipale a-t-elle mis les pieds dans cette venelle
nuitamment ces derniers temps ??? , je sais bien qu’elle a d’autres
chats à fouetter … mais tout de même ,faudra t’il attendre qu’on
détrousse le bon bourgeois ?
En tous les cas une adresse à classer dans nos « belles et simples «
cantines ! le Père , la Mère , le Fils aux commandes de l’avion (
et ici je peux vous garantir qu’il y a un pilote derrière la caisse ,
les serveurs serrés de prêt , la cuisine formatée , les deux
pizzaiolos sur le fil du rasoir ) . Rayon service , il virevolte ,
joue du carnet de commande et (re)connaissance de la clientèle en
prime . Dans une carte bien ficelée quelques nouveautés ( la patte du
Fils Mehdi ) et des classiques sans maquillage ni intitulé ronflant
que le tout Gueliz depuis de nombreuses années apprécie …
Tâtez des pizzas ( les prix ont grimpés ) mais c’est toujours un des
meilleurs rapport « qualité prix « de la place ,la salade César
copieuse flanquée des produits qui vont avec , le carré d’agneau ( un
de mes plats préférés ) saisi à la couleur demandée , le filet de bœuf
bien pesé à un prix « plus jamais vu « sur Marrakech … la mousse au
chocolat vraiment maison , le nougat glacé dans la même veine .Bref
inutile de chercher à Diable Vauvert … c’est encore et toujours contre
« mauvais vents et grandes marées « l’adresse que je vous conseille
! surtout en ces périodes de fêtes ou les prix ont tendance à exploser
le porte feuille et affoler votre « pauvre banquier " ....
Edition du 1 er décembre 2011 pour Resagro
Nous irons tous au bois … « Saveurs et Terroirs du Maroc « BP 305 Meknès Principal . Une belle histoire de pugnacité !!!
Quoi de plus sympathique qu’une entreprise familiale spécialisée dans la cueillette des champignons de bois ! En réalité un vrai travail de « bénédictin « , il faut tout d’abord repérer les zones au cul du bled , collecter , trier , conditionner toutes sortes de petits champignons , ensuite trouver les marchés ou les susciter au Maroc , en Europe , et même aux Usa ( chapeau ) !
Ces produits subissent évidemment les aléas météorologique , tributaires des sécheresses , cherguis , et autres coups de froid ! les gérants français originaires de Périgueux cherchent depuis 2005 à développer des cultures de champignons de Paris . De tradition ce type de culture se faisait du coté de Immouzer du Kandar / Ifrane . Saveurs et Terroirs du Maroc s’active dons désormais avec « pugnacité « dans un milieu agricole qui fut longtemps la chasse gardée de grands groupes familiaux ou nationaux ( mais qui faute de rendements immédiats et - hollywoudiens - laissaient bien souvent ces terrains agricoles en jachère ) ! La « Sogea « bien souvent gérait le « désert des tartares « … Depuis quelques temps , sous réserve de clauses , et autres obligations presque « levantines « à voir la longueur des procédures afin d’obtenir des permis d’exploitation et même certaines réticences constatées en interne ! Au final cet organisme étatique lâche du lest et le « particulier étranger Investisseur « peut de nouveau avoir accès aux terrains dépendant de la Sogea . Saveurs et Terroirs du Maroc viennent de prendre en gestion un terrain domanial de 20 à 25 hectares dans la région d’ El Hajeb . Au menu l’aménagement ou la construction de six bâtiments de 250 M2 en salle paramétrée ( température , hygrométrie etc. ) ainsi qu’une petite unité de conditionnement . Cerise sur le gâteau pour nos amis « BoBo Ecolos « la réalisation d’un « jardin de plantes aromatiques et anciennes « . Mais surtout création d’un ilot de chênes truffiers ( la célèbre truffe noire Mélanosporum ) , et en prime la sensibilisation des populations locales et montagnardes aux techniques de cueillette respectueuse de l’environnement … Rayon emploi : dix emplois fixes à l’année , et en période hivernale dix emplois saisonniers ! Investissement prévisionnel sur 5 ans : 4.000.000 Dhs .
LA FABRIQUE restaurant à Tanger Rue d’ Angleterre
Chef(fe) de cuisine Christine Samet …
Parfois une adresse vous laisse perplexe par sa décoration : un certain air de douche glacée à l’arrivée , la Chef(fe) de cuisine défile en salle de temps à autre ( superbe dans sa solitude , pas un bonjour … Passons ) , et puis la situation géographique n’est pas évidente dans une rue à sens unique desservant le « Grand Socco « à deux doigts du Club de Tennis en plein centre de Tanger ! Vous allez aussi tiquer sur des tas de petits détails , mais parfois il faut oublier les « tocs « de la restauration actuelle : la déstructuration décorative , la défragmentation !!! Houp … Sonorisation épouvantable , murs brut de décoffrage , un escalier abrupt qui vous délivre au premier étage une grande salle triste comme un jour sans pain . Et alors ? Avec un bon coup de fourchette on parvient à localiser un sentiment à travers cette carte qui n’a quasiment pas changé depuis l’ouverture , puis il surgit dans un ( vrai ) plat comme le Filet « Rossini « ne répondant pas parfaitement aux canons de sa recette originale mais excellent avec sa « minuscule « escalope de foie gras poêlé sur un filet de bœuf de grande qualité ( 240 Dh tout de même ) … Un bel alignement de cinq noix de St Jacques parfaitement traitée , légèrement résistante en bouche ( 190 dhs ) … Une belle et toute « bête « cuisse de canard à la peau croustillante , réclamez l’excellente tarte aux oignons ( une spécialités alsacienne ) . Tâtez rayon dessert un formidable et pas courant « soufflé glacé « , mais aussi le Café Gourmand déclinant en petite quantité les vedettes de la carte Dessert , une belle réussite aussi … Ah j’oubliais , réclamez en apéritif un muscat dit « Baumes de Venise « délicieusement suranné . Carte des vins basiques et ce soir là un Volubilia Blanc parfait ! Service correct , pas pesant … Encore une table régulière et sérieuse qui ouvre désormais au déjeuner – que demande le bon peuple - ?
Comptez 400/500 Dh par personne
Edition du 1 er Novembre 2011 pour Resagro
LES JARDINS DE GUELIZ jardin du Harti Marrakech
Bien dans la veine de la nouvelle restauration de crise … voici une adresse valeureuse à Marrakech qui gagne à être « re »connue , le bonhomme nous arrive tout droit d’un paradis « franco espagnol « ou il tenait une affaire qui tenait déjà à l’époque me dit on fichtrement bien la route … Comme quoi !
Après des débuts chaotiques à Marrakech , installé finalement prés de la Grande Poste à Gueliz , il sut trouver le bon angle d’attaque du marché et se spécialisât avant l’heure dans un ticket moyen au déjeuner à hauteur de 150 Dh ( offre buffet d’entrées , plats du jour et dessert ) et en soirée à 180/200 Dh ! ( menu à 130 Dh entrée , plat principal , dessert ) .
La cantine est pleine comme un œuf , le Patron est au comptoir et bataille « férocement « afin que les commandes suivent , que les serveuses s’occupent de la clientèle ( ni trop , ni trop peu ) , que la cuisine anticipe chaque « coup de feux « , chacun restant dans son rôle . Voilà encore le parfait exemple d’un patron sur le pont , et une affaire qui malgré les aléas touristiques nationaux , tient bon le cap et sauve son épingle du jeux … Pas de secret : pour tenir les prix pratiqués , le « proprio’ « étrille tous les matins les grandes surfaces de la capitale du Sud , à la recherche des promotions , de l’affaire qui permettra de varier le menu buffet ou le menu du soir !
ll me revient à l’ esprit le B a Ba des ZAGAT aux Usa , ( les propriétaires du célèbre « guide ZAGAT « ) .
D’abord trouver un bon loyer , ensuite donner une touche design , être un bon acheteur ( pas trop de produits , ni de produits trop chers ) , avoir un bon Chef ( sic ) , faire une cuisine avisée , travailler énormément ( acheter tôt le matin , vendre tard le soir ) …
C’est dit , certains Chefs « la tête dans les étoiles « qui nous arrivent avec l’intention de tout casser feraient bien d’en prendre de la graine , le Maroc comme tous les pays de monde se mérite et le billet d’entrée est souvent plus dur à régler que sur d’autres planètes ! Assez d’angélisme … revenons à nos fondamentaux dans la restauration .
Edition du 05 novembre 2011 LE CANARD LIBERE
COMANAV & COMARIT même combat … Chronique d’un voyage en Espagne !
Une mer mauvaise et notre bon vieux port de Tanger fermé pour intempéries , direction donc Tanger Med et « vogue l’aventure , sinon la galère « !
Départ du navire « BATOUTA « battant pavillon Comanav , prévu à 09H30 , prestement enregistré ( un bémol de taille , l’employé la cinquantaine bien tassée au stand COMARIT chargé de confirmer le billet , aimable comme une « porte de prison « ni Bonjour , ni Bonsoir « - Pardon de vous avoir dérangé – çà commence bien ! tous aux abris … Passage de la voiture sous un portique de rayon X trainé par un camion des douanes , permettant de repérer les sorties de produits exotiques … Normal ! on en redemanderait presque ! çà nous éviterait dans l’avenir qu’on nous colle une étiquette dont on se passerait bien ! Contrôle effectué par des douaniers aimables et expliquant aux voyageurs le but de la manœuvre , comme quoi , bien emballé tout passe …
Arrivée sur le parking face au bateau en attente d’embarquement ! 02H15 au compteur … avant de voir le bateau lever l’ancre : bof … Bonjour les rendez vous à Algésiras ! Entre temps visite du bateau puisqu’il n’y a rien d’autre à faire que de tuer le temps ! Boutiques obsolètes et de toute façon pas ouvertes pendant le voyage , café & bar désuet délivrant un mauvais café s’apparentant à un jus noir . Le pompon certainement est à décerner aux toilettes , à vous couper l’envie de procéder à ce pourquoi vous avez fait le déplacement , les cuvettes sales et débordantes ! les ballets , bâches et seaux débordant d’eaux fangeuses jetés au fond des toilettes …
En soirée retour au départ d’ Algésiras , avec le bateau « BANASA « battant pavillon Comarit ( de fait la même entreprise que Comanav ) , départ prévu à 20 heures , finalement décrochage des amarres à 22H15 : plus mort que vif avec une escouade de monstres qui n’en pouvaient plus de courir et de sauter sur toutes les tables ( les parents affalés sur les banquettes ayant baissés les bras depuis longtemps ) ! Pris en quelque sorte une nouvelle fois en otages … Toilettes toujours aussi improbables ! Personnel inexistant , bar ouvert … pas de bière Flag mais une bière d’importation facturée « bonbon « en euro ( of les courses ) … Et discussion sur le coin de table avec un employé de la compagnie à qui je posais la question de ces retards à répétition ? Réponse : nous avons reçu des instructions , nous chargeons les bateaux « voitures et camions « jusqu’à la gueule et ensuite seulement nous levons l’ancre … Tant pis pour les horaires , tant pis pour les retards , tant pis pour la réputation du Maroc en quelque sorte !
Je me rappelle à cette occasion la réflexion d’un ministre du tourisme il y a de çà une bonne vingtaine d’années - les points d’arrivées et les points de sortie du territoire marocain sont d’une importance capitale , un touriste garde en mémoire son arrivée et surtout la façon dont il sort de notre pays ! –
Rayon Table à conseiller
Restaurant CASA MARIA Rue Emilio Castelat N° 53 Algésiras
Afin de vous remettre de vos émotions je vous conseille une table simple nichée dans un quartier calme presque piéton , le Patron est de service , son Pére surveille les opérations du coin de l’œil , un menu « résident « à des prix tout à fait convenable ! Un curieux potage de pomme de terre en morceaux , des haricots blancs avec des trippes , un copieux plateau de jambon cru et quelques tranches de vieux fromage , un cocktail de fruit de mer , pour suivre un Roti de bœuf ( tranché dans le rond de paris ) accompagné de légumes , un curieux « Revolto « de morue avec des œufs brouillés , un décoiffant « flanc chocolaté « en dessert … Un « Rioja « rouge de bonne facture 2008 , le tout facturé « allegro con vivace » 44 Euros ! Ole … Voilà qui tient drolement bien la route .
Comptez 200/300 Dh par personne
Le canard Libéré 15 Octobre 2011
REQUIEM POUR UN RESTAURATEUR …
Chef de Cuisine André Halbert « Maitre Cuisinier de France « Le Corniche Casablanca
Parfois cela fait bizarre d’entretenir une longue relation pour un critique gastro’ avec une table que l’on vante depuis plus de 10 ans contre vents et marées ( les modeux me taillent des croupières régulièrement , mon passéisme parait il ) . Et puis « mince « , allez « zou « je vous remets çà … Sis au bout de la Corniche le Chef Halbert mange sa Toque et sa santé un peu plus chaque jour , envahi cerné par des projets immobiliers sur le flanc gauche , et sur le flanc droit , vous risquez au surplus de vous faire couper en deux par les voitures lorsque vous pénétrez dans le restaurant …. La route affleurant désormais l’entrée de « Ma Bretagne « charmante attention … Mais il y a aussi de quoi manger son rond de serviette quand vous parcourez des yeux cette belle salle rappelant le pont d’un navire alors qu’une petite quinzaine de couverts ( pas plus ) s’y trouve en embuscade .
Cette maison de bouche bien rangée ( ouverte en 1957 par Jacques et Simone Halbert ) , cultive un calme et une ambiance suisse , Ma Bretagne l’ancêtre de la place est reconnue dans la profession , d’un bel immobilisme qualitatif alors que les autres tables casablancaises jouent au karaoké , surfent sur la vague « bling bling « à coup de cuisine exotique ou pire moléculaire . Le Père et le Fils Halbert ont pensés définitivement que la gastronomie devait être posée , sereine , faites à l’ancienne sans denier le mouvement dans le cadre d’une évolution bien comprise ! Econome dans le geste , rigoureux dans la sélection des produits … Même en salle les ( vieux ) serveurs sont à l’unisson et détaillent les plats avec précision , le tout délivré dans une belle argenterie et des assiettes chics .
C’est un des rares établissement ou je craque pour le menu « dégustation « ( vocable fourre tout trop galvaudé dans d’autres adresses ) . Mise en bouche Salade de foie gras et de saint Pierre ( beau mariage entre un produit de la terre et de la mer ) , pour suivre une Timbale de rillette de homard d’une fraicheur épatante , mais encore un Duo de sole et de rouget – la sole juste cuite à la vapeur , le rouget rosé à cœur sur une tombée de julienne d’endives et épinards à l’ail confite : la grande cuisine peut être belle et mesurée presque retenue … en voici donc la preuve . Le clou de ce repas à mon gout un tournedos d’agneau confit et laqué , fondant en bouche flanqué d’une belle mousseline de légumes et de champignons des bois désarmants de simplicité ! Et le dessert : Ah le dessert … Souvent c’est le sort ingrat des pâtissiers qui se voient couper l’herbe sous le pied après un diner pantagruélique … Laissez vous faire ici et tâtez aussi de quelques voluptés sucrées … le régime sera pour le lendemain ! Mon péché gourmand , le roi des desserts : un Soufflé aux poires parfumé au Grand Marnier …
Le bonheur ! Navré de vous le dire , mais dépéchez vous d’y aller « les barbares sont dans la ville « Ma Bretagne va peut être disparaitre sous les coups de boutoirs de nos élégants promoteurs immobiliers !
Le Canard Libéré 10 Septembre 2011
Marché de l’ art , une star chasse l’autre …
A CASABLANCA , lors des dernières ventes les peintres vedettes d’ hier ont laissés la place à d’autres ! moins spéculatifs , dans cette débâcle … de nouvelles signatures tentent de résister ou de s’imposer …. Crise ou pas crise et c’est heureux .
Celle ci a fait voler en éclat toutes les belles certitudes de nos jeunes salles des ventes ( et des financiers qui sont en embuscade derrière ) , les valeurs que l’on croyaient sures hier ne le sont plus aujourd’hui dans un marché de l’art touché de plein fouet ! Star d’un jour en pleine euphorie contemporaine ! Star déchue dans la dépression qui entraine on l’espère dans son sillage une correction à la baisse ( bien entendu ) … Le marché était fou , la cote des peintres marocains s’envolaient pour le seul profit de quelques spéculateurs avisés qui avaient engrangés des œuvres à vils prix … La chute était à la hauteur des succès précédents enregistrés ! Plusieurs pièces phares dans les deux ou trois salles des ventes qui font le marché marocains n’ont pas trouvés acheteur lors des dernières vacations , même au prix de réserve , « ravalés « par le commissaire priseur ( qui n’en a pas le titre d’ailleurs ) … Les prix certes « historiques « atteint depuis quelques années dont on nous a rebattu les oreilles sont montés « trop haut , trop vite « avec la spirale ascendante des nouveaux riches , des nouveaux bourgeois . Ceux-ci ont disparu avec la crise financière qui nous touche , aussi vite qu’ils ont apparu , délaissant un marché devenu « fou « … Attentisme prudent du marché désormais , comment va-t-il réagir à la rentrée ? Certains doivent avoir quelques sueurs froides après avoir acquis au plus fort de la houle des œuvres parfois secondaires , sans pédigrée sérieux ! ( certaines mauvaises langues dont je ne fais pas partie , sic , disent même des faux ? ) Quels vont être les heureux rescapés ( les signatures ) de cette belle débandade parfaitement prévisible ? Va-t-on se décider à ouvrir enfin bien grandes les portes et laisser la place à notre jeune peinture prometteuse … N’oublions pas que pour être viable et crédible un tel marché doit avoir subi plusieurs déprimes , plusieurs embardées , pour au final prouver que la cote de nos peintres résistent aux coups de vent ! ( et aux spéculations de tous bords)
paru dans Version Homme 1 er AOUT 2011
Le Jacaranda 35 boulevard Zerktouni Gueliz Marrakech
L’exception mi gastronomique mi culturelle de Marrakech
Voilà plus de 20 ans que Philippe Coustal a repris les rênes de ce restaurant qui filait un « mauvais coton « à l’époque avec un ancien patron plus souvent en goguette à Zanzibar ou à Knock le Zouk que dans sa crémerie ! Beau challenge car ce n’est pas tout de reprendre une maison vieillissante ... encore faut il , au fil des années … Tenir la barre , gérer le personnel , entretenir une carte et la faire évoluer , fidéliser une clientèle de plus en plus volage ! Ni haut de gamme , ni bas de gamme … cet établissement a su au fil des années tenir une place à part dans le panorama « pipoule « marrakchi , le fait d’organiser en gros six expositions de jeunes peintres généralement marocains par an n’a pas peu contribué à asseoir une réputation d’originalité et une certaine décontraction !
Car le bonhomme a vite fait de comprendre avant les autres qu’il fallait bien occuper le client en attendant que le premier plat arrive , Philippe n’est pas peu fier d’avoir exposé de jeunes talents qui sont désormais des valeurs reconnues , tel Jebrane , Kahfai , Ben Ismail ,Daiffelah , en quelque sorte un découvreur de cette nouvelle peinture marocaine en pleine ébullition … Ce mois ci le Jacaranda expose pour la deuxième fois en moins de deux ans un peintre original entre dessin humoristique et surréalisme … ABASSY qui sans nul doute devrait connaitre un bel avenir !
Rayon cuisine , quelques beaux classiques jamais démenti ! tâtez du gratin d’araignées de mer , essayez le délicat filet de bœuf sauce aux huitres ( association décoiffante et non moins originale ) , mais aussi en hiver la Choucroute de la mer servis dans un tajine … Si vous y allez aux moments des fêtes de fin d’année , réclamez que dis je , exigez la « dinde farcie « un petit bonheur … ( pas régime c’est vrai je vous le concède ) ! a part cela menus et suggestions du jour à prix de « crise « … Tout le monde s’y mets !
Comptez 250/400 Dh par personne
Le Canard Libéré 06 juillet 2011
Vu de nos lorgnettes sélectives , le Canard et votre serviteur , on se marrent bien souvent quand on lit la presse et les niousses déjantées qui nous tombent sous le bec !
La dernière en date , une franchise en restauration basée à St Tropez , qui possède « restaurant sur rue « dans la bonne ville de Marrakech Hivernage ( trop souvent le miroir aux alouettes … ) annonce sur Antenne 2 aux infos de la mi journée que le Chef C. L. va créé de ses « blanches mains « un nouveau concept « l’ Eternity Food « qui va permettre à nos heureux jetsetteurs de prolonger leurs vies en mangeant des produits contre le vieillissement dans un menu à 49 Euros … Eh bien , voici encore un bon coup de nos Chefs de cuisine multi étoilés ! et cette dernière version gastro ‘ désopilante est certainement appelée à avoir un succès certain , plus la ficelle est grosse , plus le « gogo pipoule « tombe dessus à bras raccourci … On ne creusera donc plus sa tombe avec sa fourchette … mais le contraire !
Dans un autre registre « Cerise sur le baba au rhum « , devisons sur ce grand groupe international spécialisé dans l’ hôtellerie qui sans crier gare , au mépris de la présomption d’innocence la plus élémentaire soutient « mordicus « une employée modèle nous dit on , alors qu’au même moment on arrête une « grosse légume « qui s’apprétait à prendre l’avion , pour qui connait les procédures dans ces grands groupes tant au niveau de l’ accueil que de l’entretien des chambres et suites et des contrôles qualitatifs , plusieurs incohérences pouvaient être relevées dans le discours de la « Femme de ménage « … 30 jours après , le soufflé retombait , l’ employée n’était plus aussi « crédible « qu’on voulait bien nous l’annoncer ( prostitution ? trafic de drogue ? présomption d’entente avec un repris de justice , j’en passe et des meilleures ) , bref tout ce beau monde de faire « marche arrière toute « le Procureur qui avale son code de procédure , les juges qui ne savent plus ou donner de la procédure … Et ce grand groupe hôtelier d’essayer de ramasser les morceaux … et tenter de redresser une image de marque bien « floutée « . Quand aux syndicats arrogants qui envoyaient leurs bataillons d’ « adhérents « conspuer sans ménagement le « futur coupable « de tous les maux de la terre , comment vont-ils gérer ce flop retentissant , auront-ils l’élégance de s’excuser ? Evidemment pas !
le Canard Liberé livraison du 25 JUIN 2011
Bio , pas Bio … On ne nous dit pas tout !
Eh bien , ils nous en auront fait avaler des pilules exoticomiques avec leur culture « bio « … voilà un bout de temps qu’il commençait à me courir sur le haricot avec leurs délires naturopathes … On nous promettait des lendemains radieux , à coup de régime à base de jus de carotte , de beignets de courgettes , de choux vert bien vert , de tisanes approximatives et autre salades en cataplasme …
Et puis en prime , c’était promis , garanti sur facture ! On allait maigrir presque sans se bouger , le cholestérol allait se casser le nez , les pompes funèbres allaient se retrouver au chômage , j’en passe et des meilleures et alors …
Il y eu cette épidémie en Allemagne , nos têtes chercheuses européennes n’avaient rien trouvés de mieux que de tomber à bras raccourci sur notre bon vieux concombre , le pauvre « cucurbitacés « s’était retrouvé au ban de la table de cuisine , résultat en Espagne , en France , en Belgique et au Maroc … les exportations plongeaient … et collaient quelques milliers de paysans à l’agonie financière … Encore un bon coup de nos chers fonctionnaires européens , au nom du principe de « précaution « . Vous pourriez me rétorquer que lesdits fonctionnaires n’auraient rien fait , je leur aurais tombé dessus aussi , c’est vrai aussi ( ma mauvaise foi est insondable , c’est bien connu ) …
Aux dernières nouvelles , le coup viendrait du soja germé ! qui aurait poussé dans un « formidable « compost naturel mais avec une petite bactérie qui foutrait en l’air la belle alchimie : Culture naturelle / nourriture BIO …
Quelle époque , voilà que même la culture « bio « empoissonnerait le citoyen « lambda « , à qui se fier ! Qu’est ce qui nous reste « prendre les eaux à Moulay Yacoub ou à Vichy ? « à moins qu’ils nous aient aussi empoissonnés la nappe phréatique … Va savoir !
VH Version Homme
Suivez le guide .
Ataallah … Un « brontosaure « dans le marigot ( des arts ) !
Et voici pour la deuxième fois Ataallah de retour à Bab Rouah Rabat , sous le titre « Permutation & Création « . 72 printemps , « bon pied , bon œil « , le peintre nous accueille dans cette salle historique du Ministère des Affaires Culturelles aux voutes très gothiques . Elève de Bertuchi ( ce n’est pas sa période que je préfère , trop classique , trop bateau … ) , une dizaine de pièces de cette époque accueillent le chaland , dont une « sortie du Khalifa « qui trouvât preneur le soir du vernissage . Pour suivre la période dite de Rome : ma préférée , de grands collages dans les tons noirs et blancs parfois sur toile de jute , des bandes de papier assemblées et croisées . La fin de la période Rome réserve quelques belles surprises comme ces effets de grilles sur fonds blancs parsemés de carrés de couleur ( dans la veine de Vasarely , avant Vasarely ! ) , le plus surprenant la période dite de Paris avec ce travail sur les ondulations , les bandes de couleur , dont ce parfait « mono bleu « ( acrylique sur bois ) exposé en bonne situation à Bab Rouah une pièce maitresse dans l’œuvre d’ Ataallah sans nul doute … et acquise aussi ! A découvrir ces « multiples « imprimés sur toiles, ces curieuses « compositions numériques « déclinant un signe ou une forme en mutation . Au final un surprenant ensemble ( de la figuration à l’abstraction ) couvrant toute une vie d’artiste bien en prise sur son temps !
Il est regrettable en tous les cas que des peintres de la pointure d’Ataallah rament comme des forcenés pour se voir exposé , sinon se voir reconnu au Maroc ( encore pire ) . On peut espérer que cette exposition donnera des idées à nos fondations , et autres mécènes privés !
Marauction Casablanca vente du Samedi 12 février 2011 .
Priorité toujours aux Arts Traditionnels du Maroc dans cette salle des ventes dirigée par Ali Tazi ! La vacation débutera donc par un bel ensemble de bijoux berbères dont un large pectoral provenant de la région du Rif 19 éme siècle , suivie par des armes anciennes de collection avec une belle paire de pistolet à silex riche d’une belle garniture en argent 18 éme Siècle Maroc , des textiles et tissages , des objets ethnographiques etc. Les livres anciens prendront ensuite le relais , à noter « Artisans du vieux Maroc « contenant 12 dessins originaux par et de Eliane Jalabert Edon , « le Maroc « par Edmondo de Amicis daté 1882 . Dans cette première partie de la vente un intéressant sinon curieux globe céleste en bronze que le Commissaire Priseur hésite à dater ( provenance Syrie ou Egypte ) peut être l’affaire de cette vente ? . Un écritoire dite « de la karaouiyyine » antérieure au 18ème siècle … Voyez aussi un remarquable album de photos tirage argentique et albuminé du début du 20ème siècle, retraçant le voyage au Maroc de la corvette « Triant » avec photos d’époque des sites, personnages ( Pachas, Torres, Généraux etc. ) une belle page d’histoire … La deuxième partie de la vente permettra de se laisser tenter par plusieurs œuvres de qualité, d’artistes marocains et étrangers, confirmés ou à découvrir : Ataallah-Moa Bennani-Mahi Binebine-Jean Pierre Favre-Antonio Fuentes- Katie Gabet-Mohammed Hamri-Mohammed Kacimi-Miloud Labied-Ahmed Louardiri-Mekki Mghara, ou encore des gravures d’époque d’après Jacques Majorelle d’époque 1930 et 1940 représentant des « beautés africaines « et par Eugène Delacroix …
Eldon & Choukry Casablanca vente courant Mars 2011
Toujours une belle variété de beaux objets de vitrine et de petits mobiliers dont un superbe Cartel et sa console d’applique « Boulle » de style Louis XV, origine Française fin du 18e début du 19e siècle, en placage de laiton et d’écaille brune. Un bel ensemble d’œuvres par Mohamed Drissi (1946-2003) « le couple » technique mixte sur panneau signée en bas à droite. 122x81 cm . « L’offrande » technique mixte sur toile marouflée sur panneau signée en bas à droite. 126x121 cm une belle , forte œuvre colorée . Un curieux « visage » minimaliste , quelques traits , un dépouillement de moyen , du grand Art …. huile sur toile signée et datée 94 en bas à droite. 66x51 cm
Voir aussi une belle sélection de cristallerie dont deux ensembles de Saint Louis et un service de Baccarat . A noter deux superbes vases en argent massif sur piédouche de forme balustre au décor repoussé , rayon mobilier Art Déco une charmante petite vitrine des années 30/40 , et une table de l’ Ecole de Nancy en marqueterie toute en finesse d’exécution …
LA GASTRONOMIE FRANCAISE DISTINGUÉE PAR L'UNESCO !
Le drapeau tricolore flotte sur la marmite … Nos amis français viennent de recevoir de l’ Unesco la reconnaissance internationale du « repas gastronomique à la française « , cette distinction valorise le « slow food « version française alors que réguliérement on subit les assauts de la « malbouffes à la va vite ! « Ce repas gastronomique à la française inclut les mets ainsi que les rituels et la présentation qui les entourent . Interrogé le Ministre de la Culture F. Mitterrand affirme que ce classement ne doit pas muséifier cette culture mais la valoriser … Bon !!! si seulement cela pouvait donner quelques idées à nos « grands » Chefs de cuisine installés & importés au Maroc ? Stopper net certains délires « foudinge, snaquinge et drinquinge » ? Revenir à certains fondamentaux … Vaste programme !
«Les Français aiment se retrouver, bien boire et bien manger, et célébrer un bon moment de cette façon. C'est une partie de nos traditions et une tradition bien vivante», avait plaidé en séance l'ambassadrice de France auprès de l'Unesco, Catherine Colonna …
Mars 2011
------------------------------------------------------------
La phrase du mois …
« la part la plus précieuse de la vie humaine , c’est l’incertitude qui la caractérise « Yoshida Kenko ( Essayiste et Moine bouddhiste )
Echos de la Ville du Détroit !
Défilé de Mode à Tanger par Salima Abdel Wahab , le paysage de la haute couture en pleine mutation …
Prestation décoiffante dernièrement au Chellah Beach ( bord de mer ) des modèles exclusifs présentés par une styliste originaire de la Capitale du Détroit qui creuse son trou dans ce milieu de la mode tellement difficile avec une écriture bien à elle … Imprimés originaux « façon kilim « comme des toiles d’artiste , palette de couleurs fortes en contraste façon « babacoul « , liberté du mouvement et confort ! entre haute couture et Chic Zen …
« Mais ne cherchez pas de Kaftans restructurés dans mes collections . ce n’est pas parce que l’on est marocain ( ou marocaine NDLR ) que l’on doit créer des vêtements marocains ! je suis sans terre et sans tabou « disserte notre créatrice . Ouf , nous voilà donc en présence d’un bel esprit bien trempé ! Messieurs les couturiers n’ont plus qu’à bien se tenir …
Et… Potins mondains ! toujours à Tanger
Réception à la Légation Américaine , le nouveau Directeur accompagné de Son Epouse Madame FOFTUS recevaient S.E Monsieur l’ Ambassadeur des USA à Rabat et Madame Sylvia Kaplan son Epouse , ainsi que le secrétaire adjoint au Département US du Commerce, Monsieur Suresh Kuma , en présence de Cherifa Lalla Oum Keltoum …. Une occasion pour le directeur de la Légation Américaine d’entretenir les invités présents de ce séminaire organisé par l’ association « LATIM « et la FTAM, la Fondation Tanger al-Medina ayant pour but d’étudier , de proposer un plan de sauvegarde de la Médina de Tanger ! Belle initiative arrivant à point nommé , puisque la nouvelle Marina en devenir va restructurer un grand pan de l’activité du centre ville et tirer vers le haut le produit Tanger , redistribuer les cartes , les centres d’intérêt touristiques … Il serait temps de fédérer toutes les initiatives venant de tout bord sans exclusive !
La Villa des Orangers Médina de Marrakech
Chef de cuisine Jean Claude OLRY
A mon gout un des rare Relais Châteaux qui puisse prétendre à tenir le haut du pavé dans notre paysage marrakchi ! ( je vais encore me faire quelques copains … ) . Ce n’est pas le tout d’afficher des prétentions , encore faut il respecter les cinq « C « de cette association et le fameux « C » de cuisine . Cette Maison que je visite depuis son ouverture il y a quelques 10 ans possède une certaine patine , le Riad originel situé à l’entrée et donnant sur rue , reste dans son jus … A l’arrière une partie moderne avec une grande piscine , le tout bien intégré dont cette salle de restaurant et ce plafond indien original à caissons garni de verre vieilli !
L’adresse est bien connue désormais pourtant en ce début de service une salle a moitié vide ( çà c’est arrangé un chouia en cours de soirée ) . Décorum harcelé jusqu’aux chameaux polychromes miniatures sur chaque table … Vaisselle sortant d’un bon faiseur dans les tons « chocolat « (bof) pas réjouissant ! . Ce soir là accompagnée d’une amie , nous nous sommes faufilés dans le seul forfait « menu « à 2 vitesses 690 DH ( entrée , plat principal dessert ) et 580 DH ttc ( 2 plats ) . Généralement je m’attends au pire avec ce type de configuration façon « Produits du marché « acheté par le Chef amoureux des balades sur le marché de gros à 6 heures du matin ( on se marre , personne n’y croit ) … Et puis ??? ce fut comme un privilège , avec beaucoup de prévenance au niveau du service . L’assiette … Alors que l'on pourrait s'attendre – et ce fut parfois le cas ici - à des nourritures un tantinet statufiées et barbantes, elles se présentent aujourd'hui plutôt enjouées, colorées : un diner remarquable finalement ( surprenant foie gras de canard mi cuit et cacao grillé - curieuse association presque contre nature - ) , un dos de cabillaud parfaitement cuit rosé à l’arête d’une belle fraicheur , une belle sole meunière … un Mille Feuille croustillant cacao , basilic etc … certes compliqué dans sa composition mais drôlement bien travaillé et bon . On se dit alors qu’il existe sur Marrakech une ou deux tables savoureuses , pleines de générosité qui nous changent de ces restaurant à météorites cyniques qui empochent leurs royalties ! Et dont les Chefs à réaction disparaissent aussi vite ! qu’ils ont été annoncés … ( je nomme personne , ma bonté naturelle en quelque sorte ) .
Comptez 800/1.000 Dh par personne
Juin 2011
LE CANARD LIBERE
--------------------------------------------------
Restera t’il encore une salle d’exposition nationale dans notre bonne ville venteuse d’ Essaouira ? on peut se poser la question alors que la polémique fait rage …
Déjà qu’il ne reste plus grand-chose à voir , le béton ayant tout envahi … ainsi que les voitures qui se garent de façon totalement anarchique … La palme sous le cocotier dernièrement , c’est la chronique annoncée de la suppression de la seule salle d’exposition dépendant du Ministère des Affaires Culturelles ! cet endroit va passer à la casserole prochainement afin d’offrir à la municipalité un siège à la hauteur de son ambition balnéaire … Le délégué à la Culture A. BARTAI avec qui je m’entretenais dernièrement ne sait plus à quel Saint souiri se vouer . Il semblait que tous ces responsables locaux ramaient dans la bonne direction et alors …
Mais quelle mouche a bien pu piquer une partie de nos élégants « édiles « municipaux souiris ! Alors que partout ailleurs on ouvre ici une Galerie publique ou là des galeries privées , à Essaouira toujours à la pointe du progrès artistique ( me dit on ) , on ferme une des rares salles dépendant de la collectivité !
La goutte qui fait déborder le vase en quelque sorte , et qui fait sortir de sa retraite balnéaire gadirie notre ami Frédéric Damgaard qui ne décolère plus depuis qu’il a découvert qu’on assassinait un peu plus les lieux de culture dans son bled d’adoption … Sans parler des Souiris « pur beurre « qui regarde dépité , sinon avec effarement certains élus dépecer le patrimoine culturel déjà bien fragile d’Essaouira … Bon vous me direz il y a les festivals ( Gnaouas , Alisées etc ) mais ces grandes messes drainent pendant quelques jours une « clientèle Pipoule et Vieille Pie « qui repart dés les derniers flonflons du bal éteint et après ? Eh bien : Après … le déluge ! le sublime isolement ! la chronique d’une mort culturelle annoncée en quelque sorte …
On en mangerait son code de procédure administrative pour moins que cela …
MAI 2011
---------------------------------------------------------------------------------
On trouve tout et n’importe quoi sur la toile !
Je m’étais inquiété , il y a quelques temps dans d’autres colonnes de cette nouvelle maladie communicative : ces sites Web de guide de voyage ( TRIPAVIDSOR / EXPEDIA . COM / HOTELS . COM ) qui nous offrent ( ben voyons , encore des philanthropes … ) des opinions soit disant « non biaisées « sur l’hôtellerie au Maroc entre autre … Avec à l’appui des commentaires élogieux ( souvent ) ou critiques ( moins souvent ) …
Comment fonctionne ces aimables officines … Les hôteliers voulant figurer en bonne place s’abonnent purement et simplement aux programmes de promotion en question , et reversent en général 20% au site internet qui leur fourni la clientèle !
Alors … puisque nous sommes dans une économie mondiale ou tous les coups commerciaux sont quasiment permis , certaines « belles Ames » vous diront qu’il faut bien faire AVEC ! et que ce n’est pas la première fois que le « canard « se fait plumer vif ! Là ou çà se corse , c’est lorsqu’un hôtelier n’ayant pas avalé le « lézard commercial « figure tout de même sur la liste de ces « généreux « sites désintéressés … Mais lorsque qu’un client clique sur cet hôtel , les trois quarts du temps , il vous est répondu que l’ hôtel est complet !! Alors que le planning d’occupation de ces établissements prouvent le contraire … Je l’ai contrôlé pour un petit hôtel de charme figurant sur un de ces sites de voyage , mais qui a refusé le contrat !
Cerise sur le Baba au Rhum , les visiteurs seraient redirigés automatiquement vers d’autres hôteliers ayant passé un accord avec ces élégants commerçants …
Plus grave encore, Ces sites gonfleraient les prix de départ pour laisser croire aux clients qu’ils bénéficient d’une réduction en passant par leur service, alors qu’il n’en est rien.
Bref , en France dernièrement , saisi par des associations de consommateurs pugnaces ( tiens ce serait bien qu’au Maroc , on ai les mêmes défenseurs « zélés « ) … Le Syndicat de l’ Hôtellerie reçoit le soutien du Secrétaire d’ Etat à la Consommation , qui soutiennent en cœur la plainte contre le groupe américain EXPEDIA et ses deux filiales …
On ne nous dit pas tout ! nous prendrait on pour des Pigeons ???
MAI 2011 .
-----------------------------------------------------------------------------------
Nos ( mes ) idées reçues.
Quelle profession ou quel secteur d'activité n'en connaît pas ? Le tourisme, l'hôtellerie et la restauration en sont largement pourvus. Parfois, les idées reçues font sourire. Parfois, elles sont ridicules. Parfois ce sont des contrevérités. Parfois aussi, elles sont dangereuses pour la bonne compréhension de la profession, voire pour ses intérêts. Des idées reçues circulent communément par le bouche-à-oreille, mais aussi au travers d'articles de presse lus ici et là, ce qui est plus gênant. Elles sont le fruit d'interprétations ou encore de la bêtise, tout simplement. Pourtant, on leur donne souvent, à raison mais le plus souvent à tort, du crédit.
« les clients sont de plus en plus exigeants ,et de plus en plus radins ! «
Cela revient à chaque fois comme une rengaine triste et répétitive : "les clients de nos restaurants , de nos hôtels sont de plus en plus exigeants tout en étant radins". Les professionnels qui s'expriment ainsi le disent comme pour excuser généralement leur incapacité à satisfaire leurs clients ou à suivre les nouvelles modes de consommation . Nos clients sont effectivement mieux éduqués, plus alertes, plus habitués à consommer au plus juste prix et surtout à comparer à travers internet !
Du coup, ils savent mieux qu'un débutant comment débusquer et reconnaître la bonne prestation de la mauvaise. Mais, leur habitude de consommer leur permet aussi de savoir ce qu'ils peuvent exiger, notamment en restauration. Comment admettre de payer le prix fort pour un repas qui se compose au restaurant de tout ce qu'on trouve chez soi, voire parfois en moins bon ? Servir, par exemple, une béarnaise ou une mayonnaise industrielle , sans saveur, dans un restaurant ne peut pas plaire à des clients qui ne sont pas dupes de la supercherie. Servir des eaux « de source ! « en bouteilles de plastic à l’identique de celle que l'on trouve chez l’épicier du coin , mais en payant 8 fois plus cher, reste difficile à justifier. Comment accepter de payer sans sourciller un café à 08 dhs dans un café très quelconque, avec en prime un serveur antipathique et un mobilier usé et sale ?
Que dire des prix « publics » affichés par nos hôteliers , bien souvent à des hauteurs élyséennes ! 2.500 ou 3.000 dh la chambre dans des quatre étoiles , tarif qui n’a rien à voir avec celui facturé au final aux malins qui savent manœuvrer ! Que dire des prix affichés sur internet , la moitié sinon le tiers du prix public au Maroc , bien souvent couplé au prix d’un billet A.R Europe Maroc , mais … payable par carte de crédit en devises fortes …
En ces périodes de crise , certains hôteliers feraient bien de revoir leurs copies et ouvrir largement leurs hôtels à une clientèle nationale « riche « qui refuse de se laisser « embourber « à des tarifs que la morale « financière « réprouve ! résultat pour le même prix , bien souvent toute cette belle bourgeoisie s’envole pour l’ Espagne , la France ou les … canaries « un comble « ! On ne saurait leur jeter la pierre …Un sou étant un sou désormais et pour tout le monde .
Par conséquent, il faudra bien reconsidérer les consommateurs comme des êtres capables de faire la part des choses entre le bien et le mal, entre le bon et le mauvais. Le restaurateur et l’hôtelier ne sont-ils pas des professionnels supposés apporter une valeur ajoutée ?
Quoi qu'il en soit, le client est prêt à dépenser plus, à condition qu'on lui serve quelque chose de qualité. Quant aux dépenses, n'a-t-on pas le droit d'avoir des exigences en contrepartie du versement de son argent, généralement durement gagné ? Doit-on dans ce cas s'étonner que les marocains prennent de moins en moins le chemin des hôtels au Maroc , si l'originalité et la qualité de leur prestation baissent. Doit on s’étonner si on retrouve aux 4 coins de l’ Europe tous ces nationaux qui « in fine « y trouvent leurs comptes ???
That is the question ( sic ) …
Janvier 2010
La cuisine ( l’ hôtellerie ) sont un art qui , pour ne pas s’abâtardir , ont besoin de fantaisie , d’un petit grain de folie …
Yves Courriére ( extrait de la Toque dans les étoiles )
--------------------------------------------------
ART CONTEMPORAIN … Low Culture & High Culture . Ou la meilleure façon de nous faire prendre des vessies pour des lanternes !
Dernièrement à Marrakech une grande « foire « !!! de l’art contemporain organisée par quelques élégants « jetsetteurs pipoules « , alliant avec Maestria « maisons de vente aux enchères et galeristes « … intitulé Marrakech Art Fair . 31 exposants ( dont 19 d’ Europe ) …
Tombé en arrêt « dubitatif « entre autre , devant une œuvre parait il incontournable , un plan de Marrakech composés de « toasts grillés « plongés dans de la résine par David Reimondo ( une valeur montante nous dit on un « cador « ) … Pincez moi , cauchemar ! Mon coté « plouc et paysan « qui ressortait certainement …
Cà tombait bien , il y avait ce bouquin de Houellebecq qu’on m’avait mis subrepticement en haut de la pile des livres de la rentrée à lire ! malgré ma cataracte naissante ( pas de pitié pour les vieux ) … Le bonhomme dissèque avec la verve qu’on lui connait le marché de l’art volontiers « mondain et surtout financier « loin souvent en tous les cas de la démarche du collectionneur « découvreur « de talents , l’éternel débat « valeur contre mode « . Désormais il faut le savoir , les grands noms de la peinture « conceptuelle « peuplant les cimaises des « pontes du Cac 40 « Murakami , Damien Hirst , et autre Jeff Koons sont à la tête d’ateliers conceptuels ! Traduisons pour le commun des mortels … que tout ce beau monde entretient des « studios « peuplés d’intermittents ( de pénitents plutôt ) de la peinture qui singent à la place du Maitre les grandes orientations du Gourou … les grandes orientations de l’artiste voyageur !!!
Résultat , un art contemporain émotionnel , collant à l’air du temps , sans plus beaucoup d’énergie , complètement décalé et surtout stéréotypé ! Une manipulation financière évidente de plus … Et toutes ces foires d’art moderne qui brassent telle une machine à laver tous ces noms , réduisant à de simples marchandises des œuvres d’artistes ( bonnes parfois mais trop souvent mauvaises ) , manipulant avec bien souvent le concours des banques , le marché de l’ Art … Rien de bien « joli joli « !
|